Haïti – Sécurité : Saluant l’arrivée des premiers policiers kenyans en Haïti, le premier ministre Garry Conille annonce les couleurs

Comme annoncé dans les différentes éditions de nouvelles depuis quelques jours, les premiers policiers kenyans ont déjà foulé le sol haïtien dans le cadre de l’arrivée définitive de la mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS). La nouvelle faisant déjà le tour des réseaux sociaux, a été confirmée par le premier ministre Conille dans l’après-midi du mardi 25 juin 2024, lors d’une conférence de presse donnée au terme d’une rencontre tenue dans les locaux de la Villa d’Accueil, à Musseau, avec des membres de la délégation kenyane a laquelle participaient également le nouveau DG a.i de la police nationale, Rameau Normil, le ministre de la justice et de la sécurité publique, Me Carlos Hercule, entre autres personnalités.

Témoignant sa gratitude envers le Kenya pour la présence de sa délégation qui témoigne de la solidarité du peuple kenyan et du président William Ruto particulièrement, le premier ministre Garry Conille, dans ses propos de circonstance, a insisté sur l’urgente nécessité de rétablir l’autorité de l’Etat et sortir le pays de l’enfer des gangs armés.
C’est un premier ministre visiblement déterminé à combattre le mal qui ronge le pays qui a invité les belligérants à « déposer les armes et reconnaitre dans le même temps l’autorité de l’Etat » détenteur authentique du monopole de la force légitime. Garry Conille dit renouveler l’engagement de son gouvernement a combattre efficacement l’insécurité qui continue d’appauvrir et détruire les haïtiens en s’appuyant notamment sur le soutien de la police et les forces armées d’Haïti épaulées désormais par la force multinationale dont la présence est bien réelle sur le terrain.
Le chef du gouvernement classe donc ces efforts venant de pays amis dans le cadre de la vision, la stratégie et le mandat dont dispose le gouvernement de transition pour ramener coûte que coûte la sécurité, l’ordre et la paix dans le pays, afin de permettre à plus de cinq cents mille (500 000) personnes déplacées par la guerre des gangs armés de regagner dignement leurs quartiers d’origine, organiser la relance définitive du pays et mettre le cap vers les élections le plus tôt que possible.
Le message du PM aux civils armés
« Nous avons déjà pris l’engagement pour attaquer les problèmes dans leurs racines en collaboration avec les pays amis qui sont nos partenaires en vue de soulager la souffrance du peuple haïtien », a fait savoir le PM Conille, rappelant que le pays traverse des moments excessivement difficiles provoqués par un groupe d’haïtiens authentiques qui ont pris du plaisir à dévaster les quartiers populaires, saccageant quasi tout sur leur passage, les entreprises commerciales, vandalisant des maisons privées et institutions publiques à travers le pays qu’ils ont transformé en un véritable enfer pour les pères et mères de famille, pour les enfants y compris, provoquant ainsi la fuite, l’exode massive des centaines de milliers de gens vers des espaces non appropriés où ils connaissent la misère, la faim chronique et le gout amer de voir leurs enfants contraints de rester en dehors des salles de classe.
A travers ce discours dans lequel il a un peu haussé le ton, le Dr Conille a rappelé aux fauteurs de troubles que le pays en avait marre et que cette situation qui l’a plongé dans le désarroi ne peut plus continuer comme ça. Le PM a parlé d’un pouvoir qui veut s’affirmer avec manière pour aider les gens à regagner leurs domiciles et recommencer à revire dans les coins et recoins du pays.
« Aujourd’hui je crois que vous qui êtes responsables de tout ce désordre n’en pouvez plus également. Je suis certain que vous en êtes également fatigués. Quoique vous l’aviez créé vous-mêmes », a lancé le chef du gouvernement de transition à l’endroit des méchants, ajoutant que personne ne pourrait lui faire croire que tous les haïtiens n’auraient pas aimé vivre dans un pays où le droit à la libre circulation est strictement respecté, sans la moindre crainte de se faire attaquer, abuser, voler , violer, enlever et même tuer.
La présence désormais réelle des soldats kényans de la force multinationale en Haïti est vue comme un ouf de soulagement par le gouvernement de transition qui est tout bonnement en face de la possibilité de faire face à ce qui toujours fait peur aux forces répressives notamment dans la capitale haïtienne qui sert d’abri à plus d’une cinquantaine de groupes de civils armés qui font régner leurs lois.
Garry Conille annonce la reprise définitive du contrôle de la situation en initiant un processus graduel mais efficace qui ne nécessitera aucun croisement de fer inutile.
De son côté, la représentante de la délégation du Kenya, a dévoilé sa joie immense de constater les véritables prémices de la matérialisation d’une mission multinationale de maintien de paix dirigée par Nairobi.
« C’est un honneur et un privilège pour moi d’accompagner le contingent kenyan arrivé aujourd’hui dans le pays dans le cadre de cette mission multinationale », a lâché la cheffe de la mission kenyane, Monica Juma qui, reconnaissante envers l’Etat haïtien pour la confiance placée en Kenya pour diriger cette mission de paix, en a profité pour partager le message du président William Ruto pour Haïti, un pays-frère en quête de liberté, de justice et d’état de droit, a-t-elle précisé.
Cette force multinationale qui n’est pas une mission de l’Organisation des Nations Unies (ONU), selon les précisions de Monica Juma, se veut plutôt une mission unique bénie par le conseil de sécurité des Nations Unies pour soutenir Haïti dans sa lutte pour le rétablissement d’un climat sécuritaire.
Le Kénya, dont les contingents de policiers ont la noble mission de servir comme des agents de la paix, de stabilité et d’espoir pour Haïti, a déjà participé à des missions de maintien de la paix dans pas moins de 47 pays à travers la planète, selon la cheffe de la mission kényane Monica Juma qui souligne qu’à l’instar de ces peuples-là, les haïtiens méritent la paix, la sécurité et le développement durable.
« Nous sommes restés unis dans notre engagement de supporter la police nationale d’Haïti (PNH) dans ses efforts pour rétablir l’ordre public et la sécurité, pour construire des ponts entre nos peuples et nos nations.
La présente mission, selon madame Juma, rassemble plusieurs pays qui s’engagent sincèrement à apporter la paix et la sécurité dans l’environnement immédiat des haïtiens, en vue de faciliter la reprise des activités quotidiennes de la population, pour protéger les citoyens et renforcer la capacité des institutions.

Le Bénin, le Tchad, le Burundi, le Sénégal, et bien d’autres pays membres de la CARICOM ont répondu positivement quant à leur participation dans cette mission de maintien de la paix, selon ce qu’a précisé la responsable kényane qui dit croire que le rétablissement de la sécurité en Haïti est un devoir pour toutes les nations et pour tous les peuples qui font de la démocratie, la liberté, la justice et la paix durable leur cheval de bataille.
Monica Juma dit voir dans cette mission le début d’une longue et belle relation des frères et des sœurs séparés depuis fort longtemps à travers l’esclavage. Elle a donc invité le peuple haïtien à supporter la mission pour qu’elle soit véritablement un succès dans leur grand bénéfice.





