SOCIETE

Ganthier en péril : L’Enfer des Jeunes, prisonniers de la débauche et la violence des gangs.

Dans un contexte de pénurie de ressources intellectuelles et de marchés économiques fermés, les jeunes de Ganthier sont confrontés à une réalité tragique. En quête d’évasion face à un avenir sombre, beaucoup se laissent entraîner dans l’alcool, la drogue et les activités criminelles. Cette spirale infernale menace non seulement leur existence, mais aussi l’ensemble de la communauté, alors que les gangs prospèrent dans ce climat de désespoir. Un appel urgent à la prise de conscience et à l’action s’impose pour contrer cette dérive alarmante.

Ce constat alarmant souligne une réalité tragique qui mérite une attention particulière.

À Beaugé et Bonnette, les jeunes s’adonnent à la consommation d’alcool, de marijuana et d’autres substances toxiques pour échapper à un avenir qui leur semble insignifiant. « Cette fuite illusoire est devenue leur unique répit face à une existence morose », observe un membre de la communauté. En effet, pour ces jeunes désillusionnés, les perspectives d’avenir se sont gravement assombries.

Par ailleurs, certains d’entre eux constatent avec amertume que la terre n’est plus productive. Dans ce contexte désolant, seule l’industrie des gangs prospère en tant que source de revenus. « Le mal est déjà là, et il n’y a pas d’autre choix », confie l’un d’eux. Pour éviter cette perspective sinistre qui présage des malheurs inévitables, ils se tournent vers des substances qui leur permettent de fuir cette réalité sociale lugubre.

Conscient de cette dure réalité que connaît Ganthier, Fanor modifie sa perception. Dans cette commune dévastée, il ne reste rien d’autre qu’un village ravagé par les gangs nommés « 400 marozo ». Ils sont omniprésents ; dans chaque coin de rue, on les aperçoit souvent armés de fusils de gros calibre très coûteux. Parfois pieds nus ou chaussés de pantoufles, ils portent des mouchoirs aux couleurs criardes : rouges, noirs ou bleu marine. Leur brutalité et leur intimidation sont palpables.

Il convient également de noter que la majorité d’entre eux ne vient pas de Ganthier, mais collabore avec des jeunes locaux avec lesquels ils tissent des liens étroits. Ces derniers finissent par intégrer le groupe mafieux : postes de surveillance, délégués et associés sont évalués entre 15 000 et 20 000 gourdes par mois. D’autres opportunités restent floues aux yeux des témoins.

« Si les jeunes continuent à consommer drogue et alcool à Ganthier et que la famine s’aggrave encore davantage, les gangs recruteront un nombre croissant d’entre eux », prévient un sociologue ayant quitté Ganthier après l’assaut du 21 juillet 2024. Cette attaque dévastatrice a anéanti toutes les bases de données de la ville : le commissariat a été vandalisé, la douane incendiée et un complexe abritant la mairie, le tribunal ainsi que d’autres bureaux a été pillé. Malheureusement, seules les églises et les écoles ont échappé aux flammes ; cependant, elles demeurent fermées.

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Des citoyens vivant à l’étranger s’interrogent légitimement sur la possibilité pour Ganthier de participer à la réouverture des classes pendant que les écoles restent closes et que les malfrats rôdent dans les environs.

Honteux du comportement criminel entourant leurs familles et amis , certains jeunes recrutés portent des masques afin de rester méconnaissables. « Quelle démangeaison ! » s’exclame une mère dont l’un des fils est devenu l’un des chefs responsables de cette spirale infernale. Elle vit dans l’angoisse ; souvent nauséeuse et migraineuse, elle ne se rend plus à l’église car les murmures derrière son dos sont devenus insupportables. Sa vie au sein de sa communauté est devenue un véritable calvaire. Des croyants de sa paroisse ont même proposé que l’église prenne au sérieux la situation familiale en priant pour elle et ses proches affectés par cette infiltration insidieuse.

« La gangstérisation représente un cycle vicieux », raconte un citoyen souhaitant garder l’anonymat. Il est indéniable que Ganthier n’a jamais pris part aux revendications populaires ; mais pourquoi ? s’interroge un politologue.

En effet, autrefois joyau du pays, la commune de Ganthier ne peut plus prétendre à ce titre prestigieux. Sa population fait face à une crise socio-économique aiguë et ne peut supporter davantage cette situation qui présage des conséquences désastreuses pour toute la collectivité. Ce virus qu’est la drogue altère l’esprit des jeunes ; il leur fait perdre toute notion du bon sens. Manipulés par des criminels notoires, ces jeunes sont façonnés pour stigmatiser leur propre société. C’est un problème qui doit être traité avec soin et urgence. En toute sérénité, la population doit d’abord comprendre l’enjeu afin de lutter contre ce fléau avec détermination ; sans cela, nous serons tous couverts de honte.

Richardson VERONE, étudiant à l’UEH, Journaliste

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