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Un an après le décès de Me Mario Joseph, le BAI appelle à poursuivre le combat pour la justice en Haïti

Port-au-Prince, 31 mars 2026 –

Un an après la disparition de Mario Joseph, le Bureau des Avocats Internationaux (BAI) a rendu hommage à l’avocat haïtien et défenseur des droits humains, tout en réaffirmant sa détermination à poursuivre le combat pour la justice et contre l’impunité en Haïti.

Dans un communiqué publié à l’occasion de cette première commémoration, l’organisation souligne que l’hommage rendu à Mario Joseph ne se limite pas au souvenir. Il s’inscrit plutôt dans la continuité d’un engagement en faveur de la défense des droits fondamentaux et de l’accès à la justice pour les plus vulnérables.

Avocat profondément engagé, Mario Joseph a consacré sa carrière à la défense de personnes marginalisées par le système judiciaire. À travers son travail au sein du BAI, il a porté la voix de nombreuses victimes de violations des droits humains et contribué à faire avancer plusieurs dossiers emblématiques dans l’histoire judiciaire du pays.

Parmi ses contributions les plus marquantes figure son rôle déterminant dans le procès du Massacre de Raboteau. Cette affaire, considérée comme l’une des plus importantes en matière de justice transitionnelle en Haïti, a permis à des victimes de graves violations des droits humains d’obtenir réparation. Le procès demeure aujourd’hui un tournant majeur dans la lutte contre l’impunité en Haïti et dans l’hémisphère occidental.

Maître Joseph s’est également illustré dans la reconnaissance des violences sexuelles comme crimes politiques, notamment dans le contexte du Coup d’État haïtien de 1991 et de la période de répression qui a suivi jusqu’en 1994. À une époque où ces crimes étaient largement marginalisés, il a contribué à leur reconnaissance par les instances judiciaires, accompagnant les survivantes dans leurs démarches avec respect et détermination.

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Son engagement s’est aussi manifesté dans la lutte pour la reconnaissance des responsabilités liées à l’épidémie de choléra en Haïti, introduite par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Aux côtés de l’Institute for Justice and Democracy in Haiti (IJDH), il a contribué à porter la voix de milliers de victimes, réclamant vérité, excuses et réparations auprès de l’Organisation des Nations Unies.

Au-delà de ces dossiers majeurs, Mario Joseph a mené une lutte constante contre la détention arbitraire, les abus de pouvoir et les violations des droits fondamentaux. Il a notamment défendu des prisonniers politiques et milité pour un accès équitable à la justice.

Selon le BAI, l’héritage laissé par Mario Joseph demeure profondément actuel dans un contexte où l’impunité continue de marquer la réalité haïtienne et où de nombreuses victimes attendent encore réparation.

« Honorer sa mémoire, ce n’est pas seulement se souvenir, c’est continuer à agir », souligne l’organisation dans son communiqué.

Pour le BAI, l’héritage de Mario Joseph dépasse le parcours d’un seul homme. Il incarne une exigence permanente de justice dans un pays confronté à de nombreuses violations des droits humains. Poursuivre son combat apparaît ainsi comme une responsabilité collective pour celles et ceux qui œuvrent à la défense de la dignité et de l’État de droit en Haïti.

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