Justice

Affaire Jovenel Moïse : l’ex-président Martelly attendu devant la justice le 18 juin

L’enquête sur l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse franchit une nouvelle étape. Michel Joseph Martelly, qui a dirigé Haïti de 2011 à 2016, doit se présenter le jeudi 18 juin 2026 devant la chambre d’instruction criminelle de la Cour d’appel de Port-au-Prince. Le magistrat instructeur Cyprien Jean F. Denis Pierre souhaite l’entendre dans le cadre du supplément d’information judiciaire portant sur le meurtre du président Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence de Pèlerin 5.

La convocation de Martelly n’est pas un cas isolé. L’ancien Premier ministre Ariel Henry, l’ex-directeur général de la Police nationale d’Haïti Léon Charles, ainsi que plusieurs hommes d’affaires et figures publiques ont eux aussi été appelés à s’expliquer devant la chambre d’instruction au cours du mois de juin. Cette série d’auditions témoigne d’une volonté affichée d’élargir le périmètre de l’enquête et de remonter vers d’éventuels commanditaires, près de cinq ans après les faits.

Malgré cette dynamique judiciaire, l’instruction se heurte à de sérieux obstacles. En décembre 2025, le Conseil présidentiel de transition a adopté un décret controversé accordant une immunité aux anciens hauts responsables de l’État et renvoyant certains dossiers devant une Haute Cour de Justice qui, en pratique, n’a toujours pas été mise en place. Ce vide institutionnel pourrait permettre à plusieurs personnalités visées par l’enquête d’échapper aux convocations, fragilisant ainsi la procédure en cours.

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L’ancien chef d’État n’en est pas à sa première confrontation avec la justice dans ce dossier. Il avait déjà été entendu comme simple témoin par un précédent juge d’instruction. Ses déclarations d’alors avaient suscité des interrogations, des analystes pointant des incohérences dans ses propos concernant les événements de la nuit du drame. La convocation du 18 juin pourrait donc marquer un changement de ton dans l’approche judiciaire à son égard.

Alors que l’impunité reste une préoccupation centrale pour les organisations de défense des droits humains, cette nouvelle audience représente un test important pour la capacité de la justice haïtienne à traiter ce dossier avec indépendance et rigueur, dans un contexte politique et sécuritaire qui demeure extrêmement fragile.

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