EDUCATION

RENAMEL : Deux journées de formation sur la protection et la sécurité des journalistes de médias en ligne 

A l’initiative du Réseau National des Médias en Ligne (RENAMEL), s’est tenue , le vendredi 9 août 2024, la première sur deux (2) journées d’un atelier de formation a l’intention des journalistes, dans les locaux de l’office de la protection du citoyen, sur la route de Bourdon. « Presse haïtienne : comment exercer le métier de journalisme face aux dangers d’aujourd’hui ? », est le thème  autour duquel seront déroulées les deux  journées de ce colloque dont l’objectif est de parvenir à mieux outiller les professionnels de l’information à mieux se préparer face aux potentiels dangers auxquels ils feront face dans le cadre de la pratique de leur profession. 

Dans le cadre du lancement de cet atelier de formation de deux (2) jours,  plusieurs dizaines de journalistes de différents médias de la capitale ont répondu à l’appel lancé par le  RENAMEL  pour permettre aux professionnels de l’information  de se renforcer davantage, en vue de mieux  pratiquer leur métier dans des zones à risques et réussir leurs reportages sans se faire agresser sur le terrain. 

Pas moins de trois (3) intervenants ont été invités à  discuter autour des précautions que les journalistes devraient prendre  pour mener à bien leur mission en territoires hostiles. L’ancien journaliste Clarens Renois, dirigeant du parti politique (UNIR), le protecteur du citoyen Renan Hédouville, et le père Gardy Maisonneuve du centre Karl Lévesque (SKL)

Dans son intervention en la circonstance, le président du RENAMEL, Berrick Estidore a surtout mis l’accent sur les cas d’intimidation et d’agressions mortelles dont sont victimes les travailleurs de la presse dans la pratique du métier, rappelant que pas moins d’une dizaine de journalistes sont tués dans le cadre de leur travail, et  citant un rapport de l’UNESCO de 2022 à date. Le chef de file du RENAMEL dit vouloir renforcer sa structure d’auto-régulatrice de la presse en ligne pour mieux accompagner les professionnels de l’information à mieux faire leur travail. Il a aussi plaidé en faveur de la mise en place d’un cadre légale pouvant régir le secteur des médias en ligne en Haïti.

Intervenant sur la thématique « Comment assurer la couverture d’un événement de manière efficace en zones dangereuses? », l’ancien journaliste Clarens Renois a prodigué des conseils pratiques et utiles visant à empêcher que les professionnels de l’information soient victimes dans l’exercice de leur fonction. Le journaliste responsable ne saurait ne pas maitriser les lois basiques régissant le  métier de journaliste dont la précaution journalistique, l’autocensure, le check and balance, selon monsieur Renois, journaliste de carrière, rappelant que le fait de publier une information est un acte d’adulte et de responsabilité.

«  Un journaliste a pour devoir de mesurer, de contacter, d’analyser et’ évaluer sa zone de travail bien avant son déplacement vers le lieu en question.  Cela doit être un réflexe », a laissé entendre  Clarens Renois qui intervenait autour des dangers à évaluer dans le cadre d’un travail journalistique. La précarité, le manque de protection des journalistes pour exercer leur profession, les difficultés d’accès à l’information constituent donc un  véritable danger pour la liberté de la presse. Le journaliste de carrière a également fait mention des sujets difficiles tels que la corruption, le trafic illicite de stupéfiants ou  d’organes, entre autres, qui sont des dangers pour le métier d’informer particulièrement pour les journalistes appelés à les traiter. 

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Enumérant quelques  avantages et désavantages du métier d’informer, Clarens Renois  a aussi évoqué les limites qui invitent le journaliste au strict respect de la vie privée des gens. Bref, les erreurs à ne pas commettre dans l’exercice de la profession.

 « Le travail d’enquête se fait en équipe. N’y allez pas tout seul car le journaliste ne doit en aucun cas être le sujet de l’information qu’il a été cherché pour informer son public », a-t-il fait savoir, rappelant au passage que le métier de journaliste ne fonctionne pas sans les binômes  Droit et devoir des journalistes.

 « Comment rapporter les atrocités  vécues par une personne sans ternir la réputation de celle-ci ? » Renan Hédouville, protecteur du citoyen, dans sa double intervention dans le cadre de cette première journée, en a profité pour féliciter l’initiateur principal de cet atelier de formation, jeune protecteur du citoyen, Berrick Estidore qui peut dorénavant compter sur l’OPC pour des initiatives du même genre.

Brandissant en levée de rideaux les articles 28-1 et 2 de la constitution de 1987, le protecteur du citoyen Renan Hédouville a rappelé les différentes provisions légales  tant au niveau local qu’international dont dispose la presse pour mener à bien sa mission en toute liberté. Le journaliste n’a aucun droit d’inventer une information, la véracité des faits étant sacrée.  Il ne peut non plus se comporter en juge dans le cadre du traitement de l’information. Le protecteur du citoyen a également fait mention du droit de réponse qu’ont les personnes indexées dans le cadre d’un dossier.

«Pour lui, le défenseur des droits humains et le journaliste font quasiment le même travail mais avec des outils un peu différents tout simplement.  Ils ont en quelque sorte la même mission de défendre les sans voix  au même titre qu’un avocat. La finalité est donc la même. 

C’est autour de la thématique titrée « Comment intervenir dans des quartiers  ciblés par des gangs armés pour produire un reportage ? » qu’a intervenu le père Gardy Maisonneuve, numéro un du SKL,  défenseur des droits humains depuis plus d’une quarantaine d’années. Son intervention a clôturé la première journée de formation visant à doter les journalistes d’outils méthodologiques nécessaires pour mieux se comporter dans l’exercice leur fonction dans des endroits plutôt risqués. 

Les résultats des différents ateliers de travail ont in fine prouvé comment les participants ont assimilé les indispensables notions  de protection et de maitrise de soi inculquées par les  intervenants  à l’ouverture de ce colloque initié par le RENAMEL.

Notons que cette activité, réalisée sous la houlette du Réseau National des Médias en Ligne (RENAMEL), est supportée par l’ambassade de la République de Chine-Taiwan en Haïti, de l’Office de la Protection du Citoyen et du Centre Karl L’évêque.

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