Appel urgent aux Églises : Trêve de Carême et Trois Journées de Jeûne pour Haïti

Chers frères et sœurs en Christ,
En cette période de Carême, temps de pénitence et de retour à Dieu, nous élevons une voix unanime pour Haïti, notre nation bien-aimée, aujourd’hui plongée dans l’abîme de la violence, du chaos et de l’indifférence. Des hommes armés sèment la terreur, des familles sont dévastées, et le gouvernement demeure sourd aux cris de détresse du peuple, ou, dans l’incapacité de les entendre, il laisse place à une anomie sociale (E. Durkheim, le suicide 1897). Face à cette souffrance insupportable, il nous incombe, en tant qu’Église du Christ, de nous lever dans la prière, le jeûne et l’action. Chacun de nous doit aussi reconnaître et ne pas se soustraire aux erreurs du passé.
C’est pourquoi nous lançons un appel solennel à toutes les assemblées chrétiennes : observons une trêve de Carême et consacrons trois journées, de jeûne et d’intercession le 16,17 et 18 avril pour Haïti. Dans l’unité de l’Esprit, implorons ensemble la miséricorde divine afin que la paix et la justice reviennent sur cette terre éprouvée.
Pourquoi une trêve et un jeûne ?
Nous faisons face à un danger imminent où la violence radicale est devenue une réalité partagée. Nous aspirons à l’anéantissement de l’autre, tout en nous autodétruisant sans en avoir pleinement conscience. Chaque jour, nous augmentons notre dose de violence à travers la radicalisation de nos pensées et le durcissement de notre haine, alimentée par une soif de vengeance. Dans ce contexte, les stratégies prononcées par Dominique de Villepin au Panthéon-Sorbonne peuvent nous aider à surmonter notre abandon à la violence et notre désir de ressembler à l’ennemi.
La première de ces stratégies est la confiance. La seconde est l’intelligence, que je préfère à la ruse en raison de la connotation ambiguë de ce dernier terme. Enfin, la troisième est la métamorphose. Cette transformation peut commencer par :
- Une trêve pendant le Carême : Durant cette période sacrée, que les armes se taisent, que la haine s’efface et que nos cœurs se tournent vers Dieu. Nous appelons toutes les parties impliquées, y compris celles qui ont pris les armes, à suspendre la violence et à permettre aux Haïtiens de vivre un temps de répit et de réflexion. À ceux qui ont choisi la guerre, nous disons : il est encore temps de choisir la paix. « La paix est le chemin » (Gandhi). Posons les armes et permettons à Haïti de se guérir.
- Trois journées de jeûne et de prière : Les larmes et le sang n’ont aucun sens en Haïti (comme le chantait Gérard Lenorman dans Chanson d’innocence). Personne ne se soucie de notre âme, et tout refuge, que ce soit aux États-Unis ou en République Dominicaine, est perdu pour nous (Psaume 142:4). Nous irons prier, car, comme le Seigneur a répondu à Esther dans la crise existentielle des Juifs, de nombreux pays ont trouvé la paix et la réconciliation grâce à la prière et au jeûne.
- Afrique du Sud (Apartheid et Réconciliation) : Sous la direction d’évêques comme Desmond Tutu, des jours de prière et de jeûne ont soutenu la transition pacifique vers la démocratie en 1994.
- États-Unis (Mouvement des Droits Civiques) : Martin Luther King Jr. et les églises ont mobilisé la prière et le jeûne pour soutenir les marches pacifiques, aboutissant au Civil Rights Act en 1964.
- Ghana (Transition Démocratique, 1992) : Le pays a organisé des jours de prière pour une transition pacifique du régime militaire à la démocratie.
- Philippines (Révolution du Pouvoir du Peuple, 1986) : Les églises ont joué un rôle clé dans la chute pacifique du régime dictatorial de Ferdinand Marcos.
- Rwanda (Réconciliation après le Génocide, 1994-2000s) : Après le génocide, les églises ont initié des jours de jeûne et de prière pour la réconciliation et la reconstruction du pays.
Nous nous alignons sur la volonté divine, demandant à Dieu d’intervenir avec puissance pour libérer Haïti de l’emprise du mal
Car, il est écrit : « Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, cherche ma face et se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché et je guérirai son pays. » (2 Chroniques 7:14).
Un message aux frères engagés dans la violence À vous qui portez les armes, nous vous parlons non comme des ennemis, mais comme des frères, fils d’Haïti, enfants d’un même Dieu. Nous savons que beaucoup d’entre vous ont pris ce chemin par désespoir, par manque d’opportunités ou par désir de justice. Mais la véritable justice ne se construit pas sur le sang et la peur.
Nous vous appelons à observer cette trêve, à laisser résonner en vous la voix de Dieu et à choisir la vie plutôt que la mort. Vos mères pleurent, vos enfants vivent dans la terreur, vos frères souffrent. Vous avez le pouvoir d’arrêter ce cycle de violence et de devenir des artisans de paix. Haïti a besoin de vous non comme des hommes armés, mais comme des bâtisseurs d’avenir. Il est temps de transformer la douleur en espoir, de prendre part à un changement positif et durable.
Haïti a besoin de nous. Haïti a besoin de Dieu. Que chaque église, chaque croyant, se lève pour proclamer la paix et la restauration de cette nation.
Sauve, Seigneur, Béni, Notre chère Haïti
Il faut des bâtisseurs d’une Haïti meilleure
Ou l’amour aura droit de cité, ou règnera la fraternité
Dans la foi et l’espérance,
Prof. Mathieu Roosevelt
Tel: 34 49 19 06
Mathieuroosevelt09@gmail.com





