SOCIETE

 Massacre Perejil de 1937 : 87 ans d’un acte de barbarie de l’Etat Xénophobe Dominicain contre les travailleurs haïtiens

Pour comprendre le massacre de Perejil, il est essentiel de rappeler le contexte historique et géopolitique entre Haïti et la République Dominicaine. Les relations bilatérales ont été marquées par des tensions, des conflits frontaliers et des différends politiques. De plus, les facteurs ethniques, économiques et politiques ont joué un rôle crucial dans la dynamique des relations entre les deux pays, créant un terrain propice aux conflits et aux violences. Les deux nations partagent l’île Quisqueya ou Haïti, ce qui a entraîné des contestations sur les frontières et l’appartenance des terres. Les moments de coopération ont souvent été suivis de tensions, reflétant la complexité des relations bilatérales. Et les changements de régime politique dans les deux pays ont influencé la nature des interactions, créant des périodes de rapprochement et de rupture.

 Depuis de longues années des travailleurs haïtiens ont traversé la frontière pour aller travailler dans des champs de canne à sucre en République Dominicaine. Les conditions de travail des ‘’Fameux coupeurs de cannes haïtiens ‘’ étaient précaires mais entre le chômage réel de leur terre natale et le chômage déguisé en République Dominicaine, ils ont opté pour le second choix. La grande majorité de nos compatriotes haïtiens ont dû s’installer dans des ‘’Bateys ‘’ communautés populaires en terre voisine caractérisées par des manques de certains services sociaux de base comparant aux grandes villes.

Les dominicains ont toujours manifesté un rejet de leur origine africaine car ils se considèrent comme des blancs voulant s’éloigner le plus que possible des noirs. De fait, ils pratiquent une politique de discrimination systématique contre les haïtiens présents sur le sol dominicain qui eux sont des noirs. Avant le début du massacre, ils ont commencé par accuser les haïtiens de tous les maux du pays. Les extrémistes dominicains, autour du dictateur Trujillo qui, lui aussi, a été un antihaïtien et xénophobe, commencent par se plaindre de la présence des haïtiens parmi les dominicains. Ainsi, Trujillo a affirmé publiquement qu’il allait résoudre le problème. Et il a passé à l’acte en prenant la décision la plus extrême contre les haïtiens, celle de les assassinés.

Le massacre de Perejil s’est déroulé en octobre 1937, lorsque le dictateur dominicain Rafael Leonidas Trujillo a ordonné l’extermination des Haïtiens vivant le long de la frontière. Le 2 octobre 1937 les forces armées dominicaines ont commencé à perpétrer des atrocités massives, tuant des milliers de personnes innocentes.  Ces violences se sont poursuivies pendant plusieurs jours, aboutissant à une tragédie humanitaire majeure. Les informations récoltées de ces événements ont permis au monde entier de saisir l’ampleur et la gravité du massacre sauf le gouvernement haïtien de l’époque.

Selon des sources concordantes plus de 25 mille haïtiens ont perdu leurs vies au cours de ce massacre odieux. Les survivants ont fui en Haïti, laissant derrière eux des histoires déchirantes de perte et de souffrance. 

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Les témoignages et récits du massacre des Haïtiens dit de ‘’ Perejil ‘’sont poignants et déchirants, décrivant des scènes d’horreur inimaginable. Les survivants ont partagé des histoires de proches massacrés, de maisons incendiées et de vies brisées. Ces récits servent de rappel tragique de l’impact

 Les violations des droits de l’homme lors du massacre de Perejil sont clairement documentées, mettant en évidence les exécutions sommaires, les détentions arbitraires et les expulsions forcées de Haïtiens en République Dominicaine. Ces violations ont été condamnées par des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme, et soulèvent des questions sur la responsabilité des autorités dominicaines dans la protection de tous les individus sur leur territoire, quelle que soit leur nationalité.

Le massacre de Perejil a mis en évidence les profondes tensions racistes et xénophobes présentes dans la société dominicaine, ainsi que la stigmatisation généralisée des Haïtiens.  

Mais en dépit des attitudes anti-haïtiens et xénophobes des dominicains, ce qui nous laisse sans voix c’est le comportement des autorités haïtiennes qui n’ont rien dit pendant plus de 7 jours d’atrocités tout au long de la frontière. Pendant environ 7 jours l’armée dominicaine et des civils extrémistes ont dégorgé des haïtiens sous les regards passifs des autorités haïtiennes. L’armée d’Haïti de l‘époque a joué le rôle d’aveugle et de sourd-muet.

En plus l’Etat haïtien se montre inactif quant aux suivis à faire afin que les victimes puissent avoir justice. La société haïtienne semble passer l’éponge sur cette tragédie. Des plus hautes autorités jusqu’au citoyen lambda, ce massacre, ne veut presque rien dire. Certains ont même oublié ce massacre qui a laissé des traces indélébiles dans les relations entre les deux peuples.

87 ans après, même pas un mémorial, même pas un jour de deuil pour nos 25 mille compatriotes sacrifiés par l’Etat dominicains.

Comment pouvons-nous oublier cet acte de barbarie ? Comment pouvons-nous oublier la mémoire de nos 25 mille compatriotes ? Comment pouvons- nous banaliser la vie de nos frères et sœurs ?

Nous exigeons justice pour nos compatriotes sacrifiés. Et réparation pour Haïti et les familles concernées ! 

Nous supplions et recommandons à la société haïtienne de ne pas jeter aux oubliettes ce massacre si douloureux des dominicains sur nos compatriotes haïtiens. 

La mémoire des 25 milles sacrifiés nous appelle !

Plus jamais de massacre sur nos compatriotes haïtiens en République Dominicaine ! 

Non à la Xénophobie et à l’anti-haitianisme en République Dominicaine !

Haïtiens, unissons-nous et construisons une patrie haïtienne respectée.

Dr Gédéon Charles

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