Massacre à Kenscoff : « C’est la défaillance des autorités qui nous a conduits dans cette forme de banalisation de la vie », dixit le représentant de LAPTOM au niveau de Kenscoff

Plus d’une quarantaine de morts, des blessés, des disparus voire des séquestrés et des maisons incendiées, tel est le bilan non encore définitif des victimes d’un nouveau massacre perpétré dans la commune de Kenscoff dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026, massacre revendiqué par des membres de la coalition criminelle Viv Ansanm. Cet énième carnage est donc perçu comme la matérialisation de ce que les kenscovites et autress citoyens avisés considèrent comme un vaste complot visant l’anéantissement de l’un des plus importants greniers agricoles desservant la capitale haïtienne notamment en matière de légumes et autres produits alimentaires, à en croire la lecture de l’ingénieur Jean Max Dominique qui dirige une organisation sociale baptisée Société d’entraide haïtienne (Sosyete Youn Ede Lòt / SYEL). Le présentant du parti LAPTOM pour la commune de Kenscoff s’indigne par rapport à ce nouveau drame affectant douloureusement la communauté Kenscovite en particulier mais aussi et surtout le pays d’une manière générale.
Depuis l’intrusion catastrophique des gangs armés dans la commune de Kenscoff, en janvier 2025, la population s’est retrouvée dans une situation assez difficile pour continuer de mener ses activités quotidiennes dans les 5 sections communales. Violemment chassés, kidnappés et tués à maintes reprises, les survivants, fuyant la fureur des gangs, se sont réfugiés dans des espaces servant de camps d’hébergement dans des coins apparemment plus calmes et sécuritaires.


L’ingénieur Jean Max Dominique a toujours été celui qui militait courageusement pour faciliter le retour définitif des personnes déplacées vers leurs localités respectives avec ou sans l’aide d’autorités policières ou municipales. Un combat plutôt difficile qu’ il a pourtant mené de concert avec des partenaires bénévoles déchirés eux aussi par les calamités de ces familles kenscovites évoluant depuis fort longtemps sur ces terres cultivées surtout en produits légumineux.
Brutalement chassés de leurs domiciles par les gangs armés, les plus de 35 000 victimes de kenscoff qui évoluaient déjà dans une situation où elles ne savaient plus à quel saint se vouer pour regagner leur demeure viennent de connaitre une nouvelle nuit de terreur enfonçant davantage le couteau dans la plaie, à la barbe des autorités policières et municipales.
« C’est révoltant de voir que les bandits n’ont plus peur d’exécuter leur sale besogne dans le nez des autorités. Je condamne énergiquement cette attaque sanglante et meurtrière qui, une nouvelle fois, endeuille notre commune. La douleur de la population vient d’être renforcée avec ce nouveau massacre qui met encore à nu le laxisme des autorités gouvernementales, policières, municipales y compris. Car les malfrats ont frappé cette fois à tout juste quelques pas du commissariat et de la mairie», a réagi l’ingénieur Dominique, homme de courage, toujours solidaire aux victimes à travers son organisation, mais visiblement meurtri par cet énième coup fatal venant des ennemis publics de première classe qui, dans la foulée, anéantissent les efforts déjà consentis pour accompagner les personnes déplacées internes dans les différents camps d’hébergement érigés dans la commune.
Partagés depuis quelque temps entre l’envie d’un retour définitif au bercail et une peur bleue suscitée par la continuelle réticence des gangs voulant à tout prix s’éterniser au niveau de la commune, les kenscovites, définitivement aux abois, dépossédés de leurs biens, pleurant leurs proches assassinés et séquestrés, continuent de fuir leur territoire sous des balles assassines, au vu et au su de ceux qui sont censés responsables de la protection des vies et des biens sur le territoire national.
« Des 5 sections communales de Kenscoff, près de quatre (4) sont déjà occupées par les gangs armés qui font régner leurs lois, exerçant le droit de vie et de mort sur les paysans qu’ils dévalisent, séquestrent et chassent mortellement en toute impunité. Je vois là un complot fomenté de toutes pièces par les décideurs contre le peuple haïtien », a ajouté le représentant du parti LAPTOM, profitant de rejeter d’un revers de mains la possibilité que le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et son équipe puissent organiser des élections honnêtes et participatives dans un climat d’insécurité aussi tendu où les questions vitales sont devenues banales.
Pour continuer de défendre les droits de ses corégionnaires, Jean Max Dominique exige protection pour la commune, justice et réparation pour les familles des victimes. Fustigeant le comportement des autorités municipales et policières censées être là pour protéger les citoyens de Kenscoff, celui dont l’application des premiers conseils salutaires aurait pu bien éviter cette catastrophe de l’insécurité à Kenscoff n’entend pas lâcher prise face à l’équipe d’Alix Didier Fils-Aimé qu’il accuse dailleurs de très mauvaise gestion de la chose publique, notamment sur la question de l’insécurité qui sévit dans le pays depuis plusieurs années.
« Résoudre le problème de l’insécurité ? Le pouvoir et tous les moyens dont il aurait besoin sont bel et bien là à sa disposition, mais la volonté réelle d’agir efficacement pour mettre fin à cette violence aveugle orchestrée par des belligérants armés à l’encontre de paisibles citoyens est bien ailleurs. Dailleurs, c’est la défaillance des autorités qui nous a conduits dans cette forme de banalisation de la vie à travers le pays », a-t-il expliqué, brandissant la déclaration virale du PM Fils-Aimé datée de janvier 2025 sur la présence des gangs de Viv Ansanm dans la commune.
Questionnés autour des différents drames dont ils sont victimes, les habitants de Kenscoff depuis quelque temps ne voient plus la situation comme une simple affaire de gangs armés, mais parlent sans cesse à qui veut l’entendre d’une situation d’insécurité qui serait, selon eux, programmée, planifiée au plus haut niveau de l’administration gouvernementale sous l’obédience d’Alix Didier Fils-Aimé, de concert avec les Etats-Unis d’Amérique, le Canada, la France, la République Dominicaine…
Endeuillés une nouvelle fois sans avoir trouvé la moindre solution au problème posé par les gangs armés, le habitants de kenscoff, pleurant leurs morts, sollicitant la pitié des ravisseurs pour la libération de leurs proches séquestrés, continuent de crier au secours sous les yeux complices d’un Etat qui continue de faire semblant de vouloir prendre en main ses responsabilités de protéger vies et biens, de permettre à chaque haïtien de jouir pleinement de ses droits les plus fondamentaux sur la terre des ancêtres.
Evens PIERRE-LOUIS
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