Insécurité – Protestations : Des milliers de citoyens ont manifesté contre l’insécurité

Plusieurs milliers de manifestants issus de différents quartiers de de la zone métropoliataine de Port-au-Prince ont foulé le macadam, mercredi 19 mars 2025, pour cracher leur colère et leur frustration par rapport au climat d’ insécurité qui s’abbat sur la capitale notamment. Les protestataires en colere ont visé la primature et le siege du CPT à musseau comme point d sécurité pour délivrer leur message.
Il s’agit d’une mobilisation de plusieurs milliers de gens mécontents quant à la forte pression exercée depuis quelques temps par les gangs armés pour s’en prendre aux habitants des différents quartiers tels que Lalue, Débussy, Christ-Roi, Bourdon, Delmas 32, Canapé vert, Turgeau, ente autrres. Armés de machètes, de batons, de bouteilles et de pierres…, les protestataires ont notamment dénoncé l’attitude des dirigeants du CPT y compris le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de n’avoir pas respecté leur promesse d’en finir avec le climat d’insécurité qui décime à petit feu la population haitienne.
« Nous sommes ici pour faire entendre nos voix sur cette forme d’insécurité que l’État semble encourager. Nous en avons vraiment marre de continuer d’assister à la disparition de nos enfants, nos parents, nos proches, nos amis, nos voisins sous le poids des armes des gangs armés. Que le chef du gouvernement et les 9 conseillers démissionnent en bloc s’ils n’ont pas les cartes de la solution en mains », a expliqué l’un des manifestants évoluant dans un camp de déplacés internes.
Sur leur parcours, les protestataires ont scandé des refrains et des propos hostiles au chef du gouvernement aux membres du conseil Présidentiel de Transition (CPT) ainsi qu’à l’ambassade des États-Unis d’Amérique qu’ils accusent d’être de connivence avec les gangs armés. Dans la foulée, ils en ont profité pour lancer un appel pressant au gouvernement russe pour prêter mains fortes à un pays souverain en danger.
Cependant, l’itinéraire préalablement défini n’a pas pu être atteint à cause d’un fort dispositif de sécurité mis en place par les forces de l’ordre au niveau de Bordon jusqu’ à Musseau pour bloquer le passage conduisant au point d’arrivée.
« La continuelle inaction des autorités en place ne fait que renforcer les gangs armés dans leur mission de mettre la capitale à feu et à sang », a lancé l’un des dirigeants de cette mobilisation collective initiée particulièrement par des victimes de l’insécurité venant de différents quartiers de la capitale.
La foule qui n’arrêtait pas de grossir tout au long du parcours a été finalement dispersée par les forces de l’ordre à coup de gaz lacrymogènes émanant des policiers qui, de leur côté, encaissaient injures et jets de pierres venant des manifestants visiblement frustrés dans cette première tentative de soulèvement qui a raté sa destination mais qui a beaucoup de sens en ce qui a trait à la démonstration publique du ras-le-bol de la population face à ce qui s’apparente, selon plus dun, à un projet d’extermination des habitants de la capitale haïtienne sous les yeux complices d’un gouvernement en fonction.
Evens PIERRE-LOUIS
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