Haïti : le ministre de la Défense Mario Andrésol dresse le bilan de ses cent premiers jours

Le ministère de la Défense a rendu public un document faisant le bilan des cent premiers jours de Mario Andrésol à la tête de l’institution, couvrant la période du 4 mars au 12 juin 2026. Ancien capitaine des Forces Armées d’Haïti (FAd’H), ex-directeur général de la Police Nationale d’Haïti et ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique, le ministre y présente les grands chantiers engagés dans un contexte sécuritaire que le rapport qualifie de particulièrement dégradé.
Le document met en avant plusieurs axes de travail concernant la modernisation des FAd’H. Le ministre a effectué une série de visites dans les principales bases militaires du pays — Grand Quartier Général, Clercine, Vertières, Anacaona, Malpasse, Marion, ainsi que le Corps du Génie — afin d’évaluer l’état des infrastructures et d’engager des travaux de réhabilitation. Ces rénovations viseraient à faire passer la capacité d’accueil de certaines bases d’environ 300 à 600-700 militaires.
Sur le plan des effectifs, une promotion de 339 nouveaux soldats, baptisée « Capois La Mort », a intégré l’institution en avril. Une campagne nationale de recrutement menée en juin a par ailleurs recueilli 17 722 candidatures, dont environ un quart émanant de femmes, dans la perspective d’intégrer près de 2 000 nouvelles recrues au cours des prochains mois.
Le ministère indique également avoir lancé l’élaboration d’une nouvelle doctrine militaire, confiée à une commission pluridisciplinaire réunissant experts militaires, géopolitologues, juristes et criminologues. Le projet de texte aurait été finalisé fin mai et soumis à l’autorité de tutelle, avant l’organisation prévue d’un forum public destiné à recueillir les avis de la société civile sur l’avenir de l’institution.
Le rapport fait état d’un renforcement des partenariats extérieurs, avec des programmes de formation menés en coopération avec la France (programme SABRE en Martinique), le Mexique, l’Argentine et le Brésil, ainsi que des échanges avec les États-Unis, incluant un soutien financier direct évalué à cinq millions de dollars dans le cadre d’une loi de finances américaine. Des rencontres ont également eu lieu avec des représentants du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (BINUH) et du Conseil de sécurité de l’ONU.
Concernant l’appui à la réponse sécuritaire, environ 200 militaires auraient été déployés en avril dans le cadre d’une stratégie dite de « consolidation de l’espace », notamment pour sécuriser des bâtiments publics et universitaires de la capitale récupérés lors d’opérations menées avec la Police nationale contre des groupes armés. Une trentaine de militaires participeraient par ailleurs à une task force de lutte contre la criminalité.
Le texte évoque aussi une réorganisation interne du ministère, avec la création de deux nouvelles directions ( l’une consacrée aux affaires géopolitiques et géostratégiques, l’autre au service mixte obligatoire ) ainsi que le lancement d’audits institutionnels menés avec l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) et l’Inspection générale des finances (IGF). Le ministre indique avoir déposé sa déclaration de patrimoine en avril. Le budget de l’institution pour l’exercice 2025-2026 est annoncé à 10,7 milliards de gourdes, en hausse de 12 % par rapport à l’exercice précédent.
Des mesures à caractère social sont également mentionnées, telles que le lancement d’une banque de sang militaire, des formations aux premiers secours réalisées avec Médecins Sans Frontières, ainsi que des initiatives présentées comme favorisant l’équité de genre au sein des forces armées.
Il s’agit donc d’un tableau largement positif mais le ministère reconnaît lui-même que « l’ampleur des défis qui restent à relever » demeure considérable et que le renforcement des capacités de défense nationale constitue un chantier de long terme.





