Le CHSM alerte sur les tragédies des migrants Haïtiens dans un rapport publié ce 30 décembre 2024

Dans un rapport publié pour cette fin d’année, le Collectif Haïtien de Soutien aux Migrants décrit un tableau sombre sur les conditions dans lesquelles les Haïtiens quittent le pays pour se rendre à l’étranger.
Pour l’année 2024, dans le rapport de cette association basée à Paris, on observe que 230 974 d’Haïtiens ont été interceptés soient par des gades cotes ou des policiers frontaliers dans les pays de la Caraïbe ou aux Etats-Unis. Ces haïtiens, qui tentent de rentrer illégalement en Guadeloupe, Jamaïque, Porto-Rico, Bahamas, Floride, Iles Turc and Caicos, etc. sont parfois expulsés ou incarcérés pendant très longtemps et dans des conditions inhumaines , selon l’association CHSM.
Le rapport alerte aussi sur les stratégies et les modalités de voyage qui mettent souvent les Haïtiens en danger et causent des tragédies, dont l’incendie du bateau qui transportait plus de 80 personnes le 17 juillet dernier, en direction des îles Turques-et-Caïques. Cet incendie a couté la vie à 40 migrants Haïtiens.
Le CHSM alerte sur la dangerosité des voyages. Car, lors de ces voyages clandestins, les Haïtiens sont exposés au racket, au vol, et au viol des passeurs, et au naufrage des bateaux utilisés. Car, aucun de ces bateaux ne sont aptes à la navigation en pleine mer. Ils mesurent environ une dizaine de mètre grossièrement assemblés avec des clous. Ces bateaux sont très vulnérables aux vagues et peuvent chavirer à tout moment sous le poids des plusieurs dizaines d’Haïtiens qui y sont entassés lors des voyages.
Dans ce document, on peut aussi lire que plusieurs centaines d’Haïtiens ont été aussi expulsés vers Haïti pour l’année 2024. Cependant, le CHSM dénonce ces rapatriements vers Haïti, car il estime que le pays n’est pas aujourd’hui en mesure d’assurer la sécurité et l’intégrité physique de ces Haïtiens rapatriés.
Le CHSM dénonce une absence de politique globale de l’Etat et un manque de moyen pour pallier à la situation catastrophique de la migration haitienne, qui cause la mort de nombreux Haïtiens ou qui les envoie en prison à l’étranger. Face à cette situation critique, cette association basée à Paris fait les recommandations suivantes :
1- Le financement par l’Etat haïtien, des permanences juridiques animées par des associations haïtiennes (Jamaïque, USA, Guadeloupe, Bahamas, Turques ans Caicos, Porto-Rico, France) ayant pour objectif d’accompagner les haïtiens interceptés ou détenus pour voyages irréguliers et aussi ceux qui sont « sans-papiers » dans leurs démarches de régularisation ;
2-La mise en place par l’Etat haïtien d’un numéro d’urgence fonctionnel aux consulats et ambassades d’Haïti, permettant à chaque Haïtien de joindre les autorités diplomatiques haïtiennes en cas de détresse ou de danger ;
3-L’Etat haïtien, les organisations de la société civile et de la diaspora haïtienne doivent faire des plaidoyers en vue d’obtenir un moratoire sur les expulsions et rapatriements forcés des Haïtiens vers Haïti. Car, la violence armée des gangs et les violations actuelles des droits de l’homme, ne garantissent pas les conditions d’un retour sûr, sécuritaire et digne dans le pays.
A l’heure actuelle on se demande si le CPT et le gouvernement de Didier Fils-aimé se soucient de la souffrance des Haïtiens et de ceux qui risquent leurs vie pour aller à l’étranger en quête d’un avenir meilleur.





