Haïti-Société : De la nécessité de passer de la république de Port-au-Prince à un pays définitivement décentralisé, le parti politique DVNH donne le ton

Dans un document rendu public dont une copie a été acheminée à la rédaction du Journal, le parti politique dénommé Les Démocrates Visionnaires pour la Nouvelle Haïti (DVNH), s’adressant au Groupe de Travail sur la Réforme Constitutionnelle, exprime son ras-le-bol par rapport à la crise pluridimensionnelle que connait Haïti depuis des décennies, crise caractérisée par le phénomène des gangs armés paralysant, depuis au moins trois (3) ans, neuf (9) des dix (10) départements géographiques du pays par un climat d’insécurité sans précédent. A l’instar d’un hameçon lancé en pleine rivière, la structure politique lance ici son plaidoyer pour un Etat d’inspiration Fédérale à l’Haïtienne, en lieu et place de l’Etat Unitaire actuel considéré comme une gangrène pour la société haïtienne visiblement méconnaissable à travers la concentration outrancière de ses services vitaux dans ce que plus d’un appelle communément « la république de Port-au-Prince » .
Suite une série de rencontres organisées avec les différents secteurs à travers le pays, le parti politique DVNH (Démocrates Visionnaires pour une Nouvelle Haïti) affirme avoir pris acte de la volonté du peuple haïtien de divorcer une bonne fois pour toutes d’avec l’Etat unitaire considéré comme une véritable source de corruption, de népotisme, de vénalité des fonctions publiques, de la centralisation de toutes les ressources de l’état au préjudice du principe de la légalité républicaine.
La structure politique évoque ici la nécessité de doter le pays d’une nouvelle constitution définissant un nouveau projet de société dont le fondement reposerait strictement sur la mise en place d’un Etat d’inspiration fédérale avec des Etats fédérés représentant l’ensemble du territoire national, où chaque département sera dirigé par des gouverneurs élus par la population au niveau départemental. Question de parvenir à une économie régionale stable pour une économie nationale renforcée.
En plus de la déconcentration progressive de la capitale, il s’agit pour les responsables de cette structure de sortir le pays de l’État unitaire actuel pour arriver à un Etat d’inspiration fédérale. Une philosophie qui prévoit, entre autres éléments positifs, la nécessité d’assoir la croissance économique du pays sur l’apport réel et concret des potentialités de tous les départements.
Face au constat du sombre tableau fait de résultats non satisfaisants, « cette nouvelle donne, naturellement démocratique, exprimera clairement la souveraineté du pays, mise à mal depuis plus de deux siècles », expriment les représentants de DVNH qui ne jurent que pour l’implantation d’un Etat d’inspiration fédérale en Haïti, pour une bien meilleure gestion de la chose publique, dans le grand bénéfice des populations évoluant en région.
« Il est temps que tous les visionnaires progressistes se mettent ensemble pour combattre la mal administration haïtienne dans cet Etat unitaire actuel. », lit-on dans le document rappelant que, privées des services publics de base, les populations des 9 départements du pays sont marginalisées au détriment de la république de Port-au-Prince.
Dans sa formule de gouvernance, DVNH prône la présence d’un gouverneur, de deux sénateurs et des députés-maires, à raison d’un député par commune. Les postes attribués aux délégués et vice-délégués seront éliminés, selon cette nouvelle formule.
A en croire le document de DVNH, la centralisation de la gestion économique du pays a occasionné une forte concentration des activités autour de Port-au-Prince au point que 90% du budget national soit dépensé pas plus loin que dans la capitale et ceci est à l’origine d’un exode massif et progressif des populations urbaines et rurales et de l’expansion de la zone métropolitaine dans les conditions que l’on sait.
Fonçant ainsi le couteau dans la plaie, l’organe politique prône donc des changements structurels et profonds en faveur de la multiplication des pôles de décision et de développement pour parvenir au redressement des régions visiblement délabrées à cause d’une gestion centralisée de l’administration du pays par le système en place qu’il va falloir changer à tout prix, en vue de permettre au pays de respirer.
Evens PIERRE-LOUIS
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