Haïti-Education : Le système éducatif haïtien face à ses défis, REDRESEH constate et exige

Dans un communiqué publié le vendredi 2 Août 2024, le Regroupement des Enseignants pour le Défense et la Réforme du Système Éducatif Haïtien (REDRESEH) a fait état de quelques impacts du phénomène de l’insécurité multidimensionnelle sur le fonctionnement des écoles dans le pays et particulièrement dans les zones contrôlées par des gangs armés. Il en a profité pour émettre des critiques par rapport au déroulement des examens de la neuvième année fondamentale et faire des recommandations pour que les examens du baccalauréat se terminent en bien.
Le système éducatif haïtien est, pendant longtemps, confronté à de nombreux défis. Mais, ces derniers jours le phénomène de l’insécurité a aggravé la situation. Si auparavant l’enseignement scolaire était distribué au compte gouttes, ces nouvelles données font que dans certains points du pays, il est totalement absent. Une situation que déplore le Regroupement des Enseignants pour le Défense et la Réforme du Système Éducatif Haïtien (REDRESEH), qui prône l’application du décret de 1982 stimulant ce qui suit:
Article 1- L’école haitienne est nationale; elle se doit d’affirmer l’être haïtien.
- Elle réconcilie l’haïtien avec sa culture et son environnement et constitue un facteur de cohésion sociale et d’intégration ;
- Elle forme et développe le sens de la responsabilité ainsi que l’esprit communautaire chez les jeunes ;
- Elle met en place un système d’enseignement unique s’appliquant dans le respect des spécificités propres à chaque région, aux zones urbaines et rurales, et indistinctement aux enseignements publics et privés ;
- Elle assure à tous l’accès au savoir et à la science en adoptant une structure et un mode de fonctionnement donnant des chances égales à tous;
Elle est fondamentalement démocratique.
En ce sens, REDRESEH se veut être le défenseur d’un schéma d’organisation préalable du système d’organisation du système éducatif haïtien en faisant référence au décret susmentionné. Ledit regroupement déplore l’impact de l’insécurité multiforme sur l’enseignement en général et la tenue des examens d’État qui en pâtissent.
« Elle favorise particulièrement dans les lycées et les écoles nationales plusieurs cas d’abandon et de déperdition scolaires, redoublement et d’échec collectif « , a-t-il souligné.
Mis à part la décapitation de certains professeurs et parents, plusieurs, indique REDRESEH, ont été contraints de quitter leurs zones d’habitation et de migrer vers d’autres. Elle mentionne, entre autres, les cas du lycée Daniel Fignolé, du lycée Jacques Roumain, basés dans les communes de Delmas et de Cité-Soleil, où depuis quelques années les portes de plusieurs établissements scolaires sont fermées. A cet effet, l’organisation de défense des droits des enseignants et du système éducatif haïtien, dénonce la passivité des autorités gouvernementales et particulièrement celles placées pour veiller au bon fonctionnement des écoles et à la sécurité des élèves.
Le Regroupement des Enseignants pour la Défense et la Réforme du Système Éducatif Haïtien (REDRESEH), prend, par ailleurs, à contre-pied, les déclarations de certains responsables laissant croire que les derniers épreuves de la neuvième année fondamentale étaient une réussite totale. Elle met l’accent sur plusieurs cas d’irrégularités dans certaines communes. À Carrefour, précise REDRESEH, la présence policière n’était pas remarquée et des élèves ont affirmé avoir rencontré sur leurs parcours des civils lourdement armés. La situation est encore pire dans la commune de Ganthier où les deuxième et troisième journées d’examens ont été interrompues à cause de l’attaque des bandits du gang « 400 mawozo ».
Partant de ce triste constat, l’organisation se questionne sur la tenue des examens du NS4 dont la tenue est prévue du 5 au 8 Août 2024. « Quelles sont les dispositions prises pour la réussite des examens du NS4? », se demande REDRESEH. En ce sens, les responsables de cette structure se sont, par ailleurs, adressés directement au ministre de l’éducation Augustin Antoine et au directeur départemental de la police France Etienne Louissel pour exiger que des dispositions soient prises en vue d’assurer la bon déroulement des épreuves.
REDRESEH en a profité pour exiger le paiement de plus de trois (3) ans d’arriérés de salaire de certains professeurs, agents de sécurité et des membres du petit personnel du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation professionnelle (MENFP).





