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Lettre Ouverte à la Direction Générale de la Police Nationale d’Haïti

Monsieur le Directeur Général,

Le silence et l’inaction ont trop duré. Pendant que les criminels armés gagnent du terrain, pendant que la population hurle sa détresse, pendant que le pays sombre, vous, à la tête de l’institution policière censée protéger et servir, vous regardez ailleurs.

Aujourd’hui, c’est un fait : 85 % de la zone métropolitaine est tombée entre les mains de groupes armés. Port-au-Prince, Cité Soleil, Tabarre, Croix des Bouquets, Bas Delmas, ne sont plus que des champs de ruines humaines, sociales et institutionnelles. La République suffoque. Et pendant que vous alignez des conférences de presse et des promesses creuses, le peuple meurt à petit feu.

Mais ce n’est pas seulement la capitale qui agonise. L’Artibonite saigne encore. En septembre dernier, ce département, fier bastion de l’indépendance nationale, a été le théâtre d’un massacre d’une barbarie inqualifiable. Plus d’une centaine de personnes massacrées, des dizaines de maisons et de véhicules incendiés. Et pourtant,les signaux étaient là, les alertes ont été données, les tentatives d’empêcher le drame ont été faites. Où étiez-vous, Monsieur le Directeur Général? Où était la PNH?

L’Artibonite n’oubliera jamais. Car ce drame aurait pu être évité. Votre institution avait les moyens d’agir, vous avez choisi l’inaction. Nous portons encore le deuil de ces braves gens de Pont Sondé, tués parce qu’ils osaient simplement vouloir vivre en paix. Ce silence, cette passivité, sont une trahison.

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Aujourd’hui, le département de l’Artibonite est à nouveau sous la menace directe des gangs armés. Et pour la deuxième fois, nous vous adressons cet appel, cette supplique même :* renforcez les effectifs de la PNH dans notre département*, déployez des unités spécialisées, fournissez du matériel, de l’équipement, des moyens réels à ceux qui veulent encore défendre la République.

L’histoire retiendra votre décision. Nous ne voulons pas devenir une autre statistique, un autre territoire cédé à la violence, une autre honte nationale. Le plus grand département du pays, celui qui abrite la Cité de l’Indépendance, ne tombera pas.

Monsieur le Directeur Général, cette lettre est peut-être notre dernier cri. Mais elle porte l’écho de tout un peuple qui refuse de se soumettre. Ne laissez pas tomber l’Artibonite. Ne laissez pas tomber Haïti.

Recevez, Monsieur le Directeur Général, l’expression de mon plus profond engagement au service de la vérité, de la justice et de la liberté.

𝐁𝐞𝐤𝐞𝐧 𝐏𝐞𝐭𝐢𝐭-𝐇𝐨𝐦𝐦𝐞
14 Avril 2025
Secrétaire Général
Société Civile Organisée des Gonaïves

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