INTERNATIONAL

Quelle victoire pour les minorités indiennes et noires des États-Unis  et un monde en crise avec Kamala Harris?

Si  avec les conditions infra-humaines des noirs et des indiens, Alexis de Tocqueville s’est fourvoyé de prôner une démocratie dans l’Amérique des États-Unis esclavagistes, la victoire des troupes d’Abraham Lincoln sur les sudistes a initié les politiques pour l’égalité entre tous les citoyens américains. Certes, il s’agissait d’une égalité contestée par des traditions de gouvernance politique que nombreux amendements constitutionnels ont dû faire disparaître dans la démocratie américaine. Sans doute, quand la négritude s’est mise debout en Haïti, pour répéter l’ancien président sénégalais Léopold Sedar Senghor, avec Jean Price Mars, l’écho de ce nouveau humanisme des étudiants noirs en France n’a pas manqué d’influencer les noirs des États-Unis  qui se sont tournés vers l’Afrique pour revendiquer des droits sur une terre qu’ils ont fait fructifier par leur sang et leur sueur. Sans oublier la conscience de leur rôle historique dans l’hégémonie internationale des États-unis après les deux guerres mondiales. Avec John Fitz Gérald Kennedy, outre les noirs qui furent les protagonistes des mouvements pour les droits civiques et sociaux, toutes les minorités ont vu dans le martyre de la démocratie américaine l’apôtre d’une Amérique de melting-pot, sans discrimination, ni exclusion. Le crédo  » I have a dream » du pasteur Martin Luther Junior s’est rimé avec le refrain « Yes, we can » de Hussein Barack Obama pour prétendre ou peut-être  faire effacer tous les haines que faisaient naître les pratiques des Ku Klux Klan et les milieux racistes des États-Unis. 

Cependant, après la victoire de Barack Obama qui eut deux mandats à la maison Blanche, la musique militante des noirs et de tous ceux et celles qui sentaient encore la présence de la haine raciale blanche dans les rues de la société  démocratique américaine semblait se résumer à un autre refrain surréaliste, mais plus tragique: « I can’t breathe ». 

Une chanson qui signifiait que l’administration de Donald Trump ressemblait à  une sorte de reviviscence d’un État  fédéral raciste à  travers ses institutions étatiques. Et pour sanctionner le leader de « Make America great again », les électeurs américains se sont donné un Joe Biden, plus sympathique que charismatique, qui a voulu panser les plaies post-covid qui ont failli jeter les États-Unis dans une révolution sociale, économique, et politique, dont les émeutes dévastatrices  après la mort Georges Floyd et les débats anti-Trump ont été les signes alarmants. 

Joe Biden est sans doute à la tête d’une administration américaine la plus métissée de toute l’histoire politique des États-Unis; avec monsieur Anthony Blinken qui est un franco-américain et remplissant la fonction de secrétaire d’État, madame Kamala Harris qui est une afro-indienne jouant le rôle de la vice présidente a côté du président Joe Biden, et monsieur Mayorkas qui est un latino-américain et qui jouerait à relier l’Amerique de James Monroe à l’Amerique de Simon Bolivar. 

Mais, la fin du mandat du président Biden n’a pas  l’air de sonner comme une victoire pour les démocrates qui se sont appelés intinialement  le parti républicain avant de prendre la dénomination qui est la leur aujourd’hui, quand des membres influents ont imposé à celui-ci de se retirer de la prochaine course électorale. Sans doute parce qu’ils craignent que le leader du parti républicain, formé quelques décennies après  le parti démocrate,  Donald Trump soient avantagés par la situation sociopolitique nationale américaine et le contexte de la crise mondiale, caractérisée par les conflits Ukraine-Russie et Israël-Palestine. Aussi, l’actuel occupant du bureau ovale à Washington a eu l’intelligence et la sagesse politique pour se retirer de la prochaine élection présidentielle américaine, et s’est déclaré favorable à la candidature de sa vice présidente, l’américano-indienne Kamala Harris. 

Une femme et une descendante de deux minorités ethniques victimes des injustices historiques que les amendements constitutionnels ont combattu, qui aura à affronter un personnalité qui représenterait tout ce que la logique analytique et historique peut appeler le conservatisme et l’ultra-liberalisme aux États-Unis d’Amérique. 

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Certains analystes politiques et économiques ont soutenu avec l’opinion publique américaine que l’administration de Donald Trump a eu une mauvaise gestion de la crise de la pandémie ayant occasionné une baisse de l’économie et l’agrandissement de l’écart entre les riches et les pauvres aux États-Unis. Et ce jugement partisan et un peu réaliste   constituerait un argument favorable à l’administration de Joe Biden, dont les politiques migratoires, entre autres, doivent contribuer à la correction des déficits économiques du pays enregistrés sous l’administration de l’ancien président Donald Trump qui vient de subir une tentative d’assassinat. Autant que ces politiques  participeront à garantir aux démocrates les votes des minorités de la migration. Mais, sans se tenir au conjoncturel, quel espoir et quels résultats pourra apporter la victoire de madame Kamala Harris pour les États-Unis qui voudraient se réconcilier avec les idéaux de sa constitution que l’on glorifie comme le modèle des chartes protégeant la démocratie ? Et pour les minorités qui veulent vivre leur intégration comme une réalité, et se voir guérir de toutes les désillusions qu’ils ont connues après les deux mandats de l’ancien président Barack Obama qui n’est pas l’objet d’une désapprotion politique absolue de l’opinion publique americaine? Quelle solution pourra-t-on espérer de la diplomatie de l’éventuelle présidente noire à la maison Blanche vis-à-vis du leader « Make America great again »? Quel suspense apportera les résultats des élections américaines de novembre si les démocrates sont unanimes pour se faire représenter par l’actuelle vice présidente de l’administration Biden pour triompher d’un de l’ancien président Donald Trump,  qui est devenu plus aguerri après avoir failli être victime de ce que les Américains ont jugé comme une cruauté absurde? A quoi s’attendre si elle est investie comme la première femme présidente des États-Unis   dans un monde multipolaire, où les alliances Russie-Chine ne sont pas illusoires, a côté des émergences de souverainetés populaires et nationales en Afrique et en Amerique latine? Néfertiti, Anacaona, Antigone sont quelques figures féminines historiques qui symbolisent les rapports entre la femme et le pouvoir dans l’histoire respective de trois grandes sociétés : la grande Égypte des Pharaon, le Thèbes contesté par la femme sous le règne du roi Crayon, et le cacique Xaragua de l’île d’Haiti que Bohecio légua à sa soeur. Et par une coïncidence inexplicable on y voit simultanément l’Afrique dans sa grandeur civilisationnelle, l’indien discriminé et asservi dont Kamala Harris est la metisse restaurée dans ses droits civils et politiques , et enfin la cité grecque qui symbolise l’avènement de la politique moderne prônée par Platon que l’on reconnaît dans les gouvernances rationnelles et démocratiques d’aujourd’hui.

 Certes, pour le cas des États-Unis,  Madlaine Allbright et Condolizza Rice ont été les deux femmes fortes de la politique américaine, nonobstant madame Hilary Clinton qui n’a pas dirigé la première puissance du monde. Faut-il croire ou craindre que madame Kamala Harris soit une version féminine de la légende en fauteuil roulante qu’a été Franklin Roosevelt, au moment où l’humanité devait vivre ses plus grands cataclysmes et se mettre à changer pour nous offrir tous les progrès que nous connaissons aujourd’hui? Seul le temps peut nous gratifier d’une réponse qui nous étonnera et anchantera, ou qui nous désabusera et déconcertera…

CHERISCLER EVENS

journaliste, sociologue, et enseignant

Pour un regard de continetalisme des nations de l’Amérique  et de coopération bilatérale Souveraine 

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