Haïti – Élections : Conflit ouvert entre la Primature et le CEP autour du décret électoral et de la nomination d’Uder Antoine à la tête de l’institution

Le conflit entre la Primature et le Conseil électoral provisoire (CEP) s’est intensifié autour du décret électoral publié le 2 juin dernier et de la nomination d’Uder Antoine comme directeur général de l’institution électorale.

Nommé il y a environ deux mois au poste de directeur exécutif du CEP, Uder Antoine a récemment été promu directeur général de l’institution. Cette décision a ravivé les tensions au sein du Conseil électoral, dont plusieurs membres auraient décidé de sa révocation.
Parallèlement, le CEP a dénoncé le caractère « inconstitutionnel » du décret électoral élaboré par la Primature. Dans une note publiée par l’institution, les conseillers électoraux affirment que le document rendu public diffère de la version transmise à l’Exécutif le 24 avril 2026.
Le Conseil électoral provisoire estime que cette démarche soulève des interrogations quant au respect de son indépendance institutionnelle. L’organisme rappelle que l’élaboration du projet de décret électoral relève, selon lui, de sa compétence exclusive et considère que les modifications apportées par la Primature ne respectent pas le cadre constitutionnel applicable.
Dans sa prise de position, le CEP exprime également son désaccord avec la volonté du gouvernement de mettre en application le texte présenté. L’institution juge que ce document ne répond pas aux exigences constitutionnelles qu’elle considère nécessaires à la conduite du processus électoral.
Cette divergence met en lumière les tensions persistantes entre le pouvoir exécutif et l’organe chargé de l’organisation des élections, à quelques mois des échéances électorales annoncées. Aucun détail n’a toutefois été rendu public concernant les modifications précises qui distinguent le texte gouvernemental de la proposition initialement soumise par le CEP.
Le Conseil électoral provisoire a réaffirmé son engagement à garantir la légitimité du processus électoral et à conduire les opérations électorales dans le respect des principes d’indépendance, de transparence et d’impartialité. L’institution indique vouloir poursuivre sa mission dans le cadre de ses attributions légales et dans l’intérêt du bon déroulement des futures élections.
À ce stade, la Primature n’avait pas encore réagi officiellement aux critiques formulées par le CEP dans cette note de presse.





